Avoir besoin d’un psychologue

J’aime mon psy

Dpsyepuis que j’ai commencé mes rencontres régulières avec un psychologue, il y a deux-trois mois, il m’est arrivé quelques fois de sortir de son bureau avec un fort sentiment de reconnaissance au cœur, me disant: « Ah, que j’aime mon psychologue! » Il est vrai que j’apprécie beaucoup sa façon de faire, son approche transparente et pédagogique par laquelle il m’explique ses raisonnements rationnellement. Il ne cherche pas à manipuler mes émotions à mon insu, mais dirige plutôt une exploration de mon être à la fois en collaboration avec ma propre auto-analyse et en jouant l’avocat du diable par rapport à mes perceptions des choses.

Moi-même, je trouve le fonctionnement de l’être humain tout à fait fascinant et malgré mes difficultés personnelles, il m’apparait intéressant d’analyser mes mécanismes psychologiques avec autant d’objectivité que possible. J’ai donc réellement besoin qu’on implique mon intelligence dans tout ce qui est démarche d’accompagnement psychologique. J’imagine que certains préfèreraient l’écoute plus sensiblement empathique qu’offrent d’autres spécialistes de la psychologie, et je me réjouis donc que certains psychologues mettent cela en pratique, mais pour moi, la rationalité a une importance indéniable. C’est que je ne crois pas qu’émotivité et rationalité soient des domaines à considérer en conflit, mais qu’au contraire, elles doivent toutes deux être mises à profit pour le sain accomplissement d’un être humain. Et mon psy m’aide à accomplir cette démarche de manière éclairée.

L’universalité de la santé mentale

Je considère que j’ai de la chance que mes difficultés personnelles aient pu être considérées suffisamment importantes pour qu’on m’assigne un psychologue pour m’aider à avancer. Je le dis ainsi parce que plus j’observe les gens que je rencontre au regard de ma propre expérience, plus je me rends compte qu’on a tort de considérer tout ce qui concerne la santé mentale comme un domaine spécifique à la maladie mentale. Je veux dire: est-ce seulement ceux qui ont une maladie en particulier qui doivent prendre soin de la santé de leur corps? Bien sûr que non! Alors pourquoi en serait-il autrement de la santé de notre psychisme? Notre société tend à nous faire croire que la santé mentale va de soi jusqu’à ce qu’un problème officiel se déclare, et c’est un grand mensonge. J’imagine que c’est pour ça que nous avons besoin de nommer tant de maladies mentales qui n’étaient pas connues il n’y a pas si longtemps: sans la possibilité d’un diagnostique officiel, personne ne prendrait en compte les difficultés vécues par la personne qui souffre. Comme s’il n’y avait pas de zone grise entre une personne « normale », sans problème, et une aux prises avec des difficultés intérieures. Et au moment où le diagnostique est posé, c’est comme si un grand mur était traversé: voilà, cette pauvre personne n’a plus toute sa tête. J’exagère, mais à peine. La ligne entre la santé et la maladie est-elle toujours aussi nette qu’on la présente?

psychologieCertainement, chacun gagnerait à être suivi par un psychologue. Pas nécessairement de façon hebdomadaire, bien sûr, mais mensuellement, ou trimestriellement, ou deux fois l’an… Selon les besoins, mais de manière à faire de la place dans sa vie pour prendre soin de sa santé mentale et être accompagné dans cette démarche par quelqu’un qui a étudié la psychologie humaine. Simple comparaison: comme croyante catholique, je crois sincèrement qu’il est bon pour toute personne qui accorde de l’importance à sa vie spirituelle de vivre des rencontres régulières avec un accompagnateur spirituel afin de ne pas se laisser glisser loin de ce qu’elle veut plus profondément et ne pas s’illusionner tout seule dans son coin à cause de désirs qui ne la rendraient pas heureuse au final. Je peux aisément transposer ma réflexion sur le sujet au fait d’être accompagné psychologiquement! Il me semble qu’autant l’anthropologie que la psychologie ou la sociologie, autrement dit toute science qui étudie l’art de vivre de l’être humain, pourra confirmer l’importance pour le bien d’un individu d’être en relation avec d’autres. Et des rencontres avec un psychologue, il me semble, peuvent s’inscrire là-dedans de manière très sensée.

Savoir se laisser accompagner

Bon, c’est bien beau d’avoir des rencontres avec un psychologue, mais ça mène à quoi? Comment tirer profit au maximum de ces rencontres? Effectivement, si l’on s’attend à ce que le spécialiste puisse enfin régler nos problèmes, voire même à notre place, on se prépare à une bien grande déception. Il ne s’agit pas d’un magicien, ni même d’un parent qui sort son jeune enfants des problèmes en faisant les choses pour lui, mais d’un accompagnateur, simplement, une sorte de guide. Alors pour que des rencontres avec lui puissent être aussi fructueuses que possible, il faut se mettre dans le bon état d’esprit: se préparer à faire tout le travail soi-même mais en n’étant pas seul et en ayant plus de ressources, plus d’informations utiles pour guider ses choix et actions.

Pour ma part, je considère mon psychologue comme un miroir qui me permet d’avoir un nouveau reflet, une nouvelle perception de ce que je suis et ce que je vis. Le reflet qu’il me donne, étant extérieur à moi, peut me surprendre et m’ouvrir de nouveaux chemins de réflexion. Par ses questions, mon psy me fait aussi parler et me fait dire des choses qui peuvent également m’étonner. 1855-2-le-chaton-et-le-miroirJe dois avoir confiance en son jugement, bien sûr, mais je n’ai absolument pas à croire qu’il a toujours raison et qu’il interprète toujours ce qui me concerne d’une bonne façon. Par exemple, comme croyante, il m’arrive de craindre que certaines de mes perceptions et certains de mes choix soient interprétés comme du refoulement ou autre chose de malsain, alors que je les sais réfléchis et conscients. Mais quand ce genre de situations se produit, quand je crains d’avoir été mal interprétée, même s’il est bon que je formule à voix haute ma perception du reflet que me donne mon psy, il reste que sa perception à lui n’a pas tant d’importance que cela: c’est toujours moi qui prends les décisions pour ma vie, c’est toujours ma perception à moi qui dirige et fait la différence pour mes choix et actions. Mon psy est mon copilote, mon navigateur, mais c’est toujours moi qui tiens les rennes de ma vie! Et c’est là toute la beauté de ma relation avec mon psychologue: je ne peux rien perdre au change (au pire, j’ignore telle ou telle recommandation si je m’aperçois qu’elle me cause plus de soucis qu’elle ne semble pouvoir en régler); je ne peux qu’y gagner!

 

 

Note: je ne veux prendre aucun crédit sur les images utilisées puisqu’elles ne m’appartiennent pas: elles ont simplement été prises sur Internet…

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