Dieu et le Mal dans le monde

Pourquoi?121

Lorsque j’étais en Pologne, j’ai visité l’ancien camp de concentration Auschwitz. Là-bas, on nous raconte les horreurs qui ont eu lieu sur place, les êtres humains traités sans dignité aucune; on nous raconte des actes que mon cœur peine à concevoir. On nous raconte de la cruauté qui serait indécente à imaginer si elle n’était pas réellement une part de l’histoire. Et la question peut surgir dans les esprits: comment Dieu a-t-Il pu permettre cela? Comment peut-Il encore permettre tous les massacres et les injustices flagrantes qui ont lieu dans le monde?

Par ailleurs, depuis ma dernière publication sur ce blogue dans laquelle j’aborde des problèmes d’angoisse et de dépression qui m’habitent, j’ai eu l’occasion, par des lectures de témoignages et des discussions, d’approfondir beaucoup ma réflexion sur l’aspect plus intérieur de la souffrance. Même lorsque tout va bien extérieurement, le Mal, sous une forme plus subtile, peut s’insinuer jusque dans les coins les plus cachés de nos vies. Parfois sans raison apparente, le désespoir s’impose en maître et assombrit ce qui devrait pourtant rayonner de beauté. Comment Dieu peut-Il permettre cela? Pourquoi ne tait-Il pas toute cette souffrance?

Pour qui croit en un Dieu Tout-Puissant et tout Amour, l’apparente omniprésence du Mal dans le monde représente un grand mystère. On ne peut certainement pas répondre au «pourquoi» de cet état de fait d’une manière exhaustive et parfaitement satisfaisante… Mais selon la définition catholique du terme, un «mystère» n’est pas quelque chose qu’il vaut mieux éviter de tenter d’expliquer puisque c’est inexplicable, mais, bien au contraire, quelque chose qu’on n’aura jamais fini d’expliquer et donc, dont on peut parler à jamais. Donc, parlons-en.

Changement de perspective

Dans l’une de mes capsules vidéos pour ados cathos, celle appelée «La question du Mal dans le monde», j’ai voulu donné un début de réponse à la question: «Comment est-ce cohérent de croire un un Dieu d’Amour Tout-Puissant alors que l’on constate tant de Mal dans le monde?» J’y aborde brièvement quelques points intéressants sur lesquels j’aimerais élaborer un peu plus. D’abord, il y a la théorie selon laquelle le Mal n’est rien en lui-même, mais il est l’absence de Bien, à l’exemple des ténèbres qui ne sont que l’absence de lumière et du froid qui n’est, scientifiquement, que l’absence de chaleur. Ce concept, cette perception des choses, rend cohérente l’«existence» du Mal alors que le Créateur de toute chose est Amour: le Mal n’a pas été créé, mais les créatures ayant été faites libres, elles ont toujours eu la possibilité de refuser le Bien qui leur était offert, et c’est cela qu’est le Mal…

chandelle01xCe dernier concept peut sembler bien théorique, mais non seulement il permet de mieux comprendre le «comment c’est possible», mais en plus, il donne des indices quant aux manières de combattre le Mal. En effet, comment combat-on les ténèbres? Par des ténèbres plus épaisses encore? Non, mais une seule étincelle de lumière contribue à les disperser. De même, le Bien dissipe le Mal… Le combat est trop grand pour nos faibles forces, mais il vaut tout de même la peine d’être mené avec confiance: des maisons bien chauffées suffisent à nous faire passer l’hiver hors des ravages du froid de nos pays nordiques, nul besoin de faire dominer la chaleur partout…

Il y a tout un changement de perspective à opérer, face au Mal. On peut aisément croire que dans un monde idéal, selon une pensée en quelque sorte hors de notre réalité concrète, Dieu ne veut rien de toute la souffrance qui existe. Pourtant, si l’on croit en Jésus, on peut aussi constater qu’Il ne nous a jamais promis une vie sans soucis, mais qu’au contraire, Il nous a donné un exemple d’accueil de la souffrance. Il a cherché à soulager les gens qu’Il rencontrait de leur fardeau, mais Il savait que certains maux étaient nécessaires à de plus grands biens: Lui-même devait passer par la croix pour vaincre la mort…

Ainsi, Dieu permet des souffrances à cause de notre liberté de refuser le Bien, mais aussi à cause de la possibilité de plus grands biens auxquels ces maux peuvent mener. Il ne désire certainement pas que nous souffrions! Mais ne pouvons-nous pas considérer autrement ce que nous nommons «mauvais» ou «bon» dans nos vies? Par orgueil, nous pouvons refuser nettement de considérer ce qui nous fait souffrir comme une possibilité de bien parce que nous ne voulons pas que ceci ait une raison d’exister, mais est-ce mieux pour nous de nous fermer ainsi? J’ai lu des témoignages remplis de sagesse de personnes qui ont vécu des dépressions et qui se disent heureuses d’être passées par là parce que ça les a obligées à changer de perspective sur la vie… Wow! Belle humilité! Parce qu’en vérité, ça ne veut pas dire que ces moments de dépression qu’elles ont vécu et qui les guettent encore n’ont pas été horriblement douloureux! Mais si l’on doit tout faire pour combattre le Mal par le Bien, il n’en reste pas moins que le Mal qu’on n’arrive pas à combattre peut être un chemin vers le Bien…

DSCN5812Où est Dieu?

Souvent, on se demande: mais où est-Il, Dieu, alors que je souffre? Où est-Il alors que je m’étouffe dans mon désespoir? Eh bien, pour le peu que l’on peut répondre à cela, rappelons-nous que là où il y a Jésus, il y a toujours la croix, mais surtout, que là où il y a la croix, il y a toujours Jésus. Dieu est là, présent avec chacun de nous, et Il souffre avec nous parce qu’Il nous aime infiniment et qu’Il voudrait tant nous éviter cette douleur… Dieu est là, mais Il ne S’impose jamais! Il est là et veut nous accompagner sur tous les chemins que nous avons à parcourir, mais c’est à nous de décider si nous Le laissons faire. Il est là et Il attend que nous L’accueillions… et ce, qui que nous soyons et quel que soit notre passé! Car la Toute-Puissance de Dieu n’est qu’Amour et Miséricorde.

Résurection et mystère irréductible

«Drôle de moment pour parler du Mal dans le monde», me diront ceux qui suivent la liturgie. «En plein temps pascal!» Ok, j’avoue que j’avais planifié écrire cet article plus tôt et le publier pendant la Semaine sainte, mais mon retard n’est pas si hors de propos que cela: d’abord, la souffrance et les malheurs à travers le monde et autour de nous ne se sont pas arrêtés sous prétexte que nous sommes en temps de fête liturgique! Mais surtout, n’est-ce pas justement la manière la plus juste de regarder chrétiennement le Mal: à travers la lorgnette de la Résurrection?

Voilà ce qu’est la Résurrection: Dieu, en Jésus, vainc le Mal à jamais! Mais cette victoire est en fait actuelle et elle ne demande qu’à prendre vie en nous. Dieu, en nous, veut vaincre le Mal au quotidien par sa propre croix… Mais de quelles manières cela prend forme concrètement, ça reste un mystère que nous n’aurons jamais fini d’approfondir, un mystère irréductible dont tout ce que j’ai écrit dit bien peu. Et il faut voir le Livre de Job, dans la Bible, pour mieux discerner combien il s’agit d’un dur mais enrichissant cheminement!

Advertisements

3 réflexions sur “Dieu et le Mal dans le monde

    • Bonjour chère grande tante! Si tu as écrit autre chose en commentaire que ce message où tu m’indiques que tu as répondu à mon article, je ne l’ai pas reçu, malheureusement… Mais merci pour ton intérêt pour ce que j’écris!

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s