Quand Internet est au service de la foi

David dégâtJe suis fascinée par les utilisations multiples et diversifiées que l’on fait des réseaux sociaux. Il y a les jeux, et les partages de photos, et les contacts physiquement éloignés… On peut y perdre son temps, y prendre de mauvaises habitudes et y faire du mal aux autres… Mais j’aime surtout y découvrir les diverses utilisations constructives. Les épanchements émotifs, même parfois exagérés, révèlent souvent quelque chose d’important de celui qui les écrit, par exemple; et bien que ça mette certains mal à l’aise, cette différence dans les limites de ce qui est public ou non, qui est typique du monde virtuel, peut certainement être bénéfique pour ceux qui ont besoin de s’exprimer et ne l’osent pas dans le monde réel.

Les réseaux sociaux créent aussi une proximité impressionnante qui peut briser les solitudes… Par exemple, ma sœur qui est maman et qui n’ose pas toujours affronter l’hiver québécois avec ses quatre jeunes enfants, passant de longues journées à la maison, retrouve amitié, soutien et réconfort dans Facebook, selon les événements du jour. Les enfants font un dégât ou ont particulièrement un joli sourire? Une publication rapide et plusieurs amis encouragent ou s’émerveillent!

Je goûte moi-même fort bien cette proximité virtuelle lorsque je suis à l’étranger, loin de ma famille et de mes amis les plus intimes… Et entre autres avantages, il m’est également arrivé d’utiliser le réseau que j’avais sur Internet pour obtenir une information importante, en différentes occasions, ou alors trouver un volontaire approprié pour une entrevue ou une autre implication…

Tout cela mis en contexte, j’en arrive aux choses de la foi. J’ai souvent admiré les initiatives d’évangélisation sur les réseaux sociaux réguliers. Ça me réjouit quand je constate que ces outils de communication sont intelligemment utilisés pour faire le bien dans le monde (que ce soit en lien ou non avec la religion). Mais dernièrement, j’ai découvert une nouvelle formule très efficace pour ce qui est d’être au service de la foi: carrément un réseau social de prière! Je vous raconte.

ALETEIA-PARTNERS-Banner-300x250-FRTout a commencé avec Aleteia. Ce site international et multi-lingual a été fondé il y a quelques années dans le but de mettre en lien les différents sites chrétiens, blogues et autres, et de produire également quelque contenu original. Aleteia est en quelque sorte un carrefour pour le contenu catholique sur Internet, et il fonctionne avec des partenariats dont je suis fière de faire officiellement partie.

Abonnée, je reçois le courriel régulier des actualités d’Aleteia et il m’est arrivé une fois, dans ce courriel, de cliquer sur une sorte de publicité qui invitait à se joindre à l’intention de prière pour le pape. C’était proposé par un site qui s’appelle «Hozana». Oui, je voulais bien prier pour le pape! Par contre, je voulais moins recevoir tous les courriels qui m’étaient envoyés depuis et que je ne prenais pas le temps de lire à travers tout le reste… Agacée, je ne ressentais donc plus positivement de lire le nom du site Hozana. Mais ça, c’était avant d’en faire une expérience nouvelle et de le découvrir vraiment…

À un moment de ma vie où je sentais que je devais vraiment faire des efforts pour me recentrer sur Dieu et m’appuyer sur Lui, en septembre et octobre derniers, moi qui vivais beaucoup de solitude pendant ce temps que j’ai passé en Europe, j’ai appris par Aleteia qu’un groupe de jeunes Français préparaient 21 jours de prière via Internet en lien avec le sujet de la sainteté. L’idée d’y participer m’a semblé enrichissante! En effet, me sentir en communion avec tous ces gens, dont beaucoup de jeunes, d’un peu partout à travers le monde (nous étions 8824 inscrits à la fin des 21 jours) était une manière agréable de me motiver à prendre un peu plus, un peu mieux le temps de prier! D’autant plus que le sujet de la sainteté touche en moi une corde sensible qui m’émerveille… Les jeunes avaient appelé l’intention de prière: «Prier! Vivre! Aimer! Devenir saints!»

C’est en suivant ces trois semaines de prière que j’ai compris l’intérêt d’Hozana… Il s’agit d’un véritable réseau social de prière, avec les divers avantages du réseautage sur Internet mis au service de ce qui alimente la foi! Une idée bien développée: chacun a son profil, avec une image sainte choisie parmi plusieurs comme avatar, la possibilité d’inscrire la référence biblique qu’il préfère et un emplacement pour l’inscription d’une prière qu’il aime bien réciter. Chacun peut créer une intention de prière, avec une carte sur laquelle on peut voir où se trouvent les différents priants de l’intention dans le monde, avec la possibilité d’envoyer des nouvelles aux personnes inscrites… Et chacun peut adhérer aux intentions qu’il veut, avec la liberté d’inviter d’autres à y adhérer et le choix d’ajouter son grain de sel par des commentaires aux nouvelles ou une participation aux discussions. Et les membres peuvent se «suivre» les uns les autres, étant mis au courant des intentions pour lesquelles prient les autres!Hozana2

Pour moi, participer à «Prier! Vivre! Aimer! Devenir saints!», ça a été un renouvellement, un important ressourcement. Oh, ce n’est pas que les jeunes qui ont créé l’intention et les petits envois quotidiens étaient d’une profondeur incomparable ou d’un savoir hors du commun; ce n’est pas que leurs textes était incroyablement bien écrits ou autre chose d’humainement admirable… Mais ils laissaient passer l’Esprit-Saint, ça, c’est certain, parce que par eux, Il s’est clairement rendu jusqu’à moi.

Au quotidien, c’était donc un rafraîchissement de lire en silence les témoignages, les réflexions et les passages de la vie de quelques saints, laissant paisiblement passer l’Esprit en moi. Souvent, une phrase ou un bout de texte venait me dire exactement ce que j’avais besoin de méditer. Les envois quotidiens m’ont aussi fait découvrir différentes ressources tout à fait enrichissantes, comme la conférence «Aimer en vérité» de l’abbé Pierre-Hervé Grosjean qui m’a énormément apporté par la suite… (C’est la version écrite que j’ai lue, pour ma part, et également le livre du même titre ensuite.) Et d’abord et avant tout, j’ai été transformée par le tout simple moment de prière enregistré par un prêtre qui a été mis en ligne le premier des 21 jours de prière et que j’ai réécouté plusieurs jours de file; me forçant à m’arrêter, me guidant dans la prière, il m’a réappris le silence, réappris à prier…

prier-vivre-aimer-devenir-saintsL’expérience que j’ai d’Hozana n’est donc pas seulement celle d’un partage d’intentions de prière (ce qui est déjà bon, mais que je retrouve déjà sur plusieurs groupes Facebook, par exemple); l’expérience que j’en ai fait est celle d’une aide pour prier, de la possibilité d’une véritable communauté virtuelle de prière. Si je n’avais pas moi-même décidé d’embarquer à fond dans ces 21 jours, l’«intention» aurait bien impuissante pour moi. Mais l’oeuvre de ce groupe de jeunes m’a été d’une grande aide et depuis, je m’émerveille d’Hozana, le réseau social qui l’a permis et le permettra encore. Il semblerait que j’oublie sans cesse comment prier et que j’aie toujours à le réapprendre! Alors heureusement que l’Esprit-Saint met toujours sur ma route ce qu’il faut pour cela!

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3 réflexions sur “Quand Internet est au service de la foi

  1. Internet est un moyen de communication impressionnant. Il permet de dialoguer “un a’ un”, ou avec des groupes plus ou moins larges d’amis, ou, encore, de lancer des contenus sur tout le “web”… ouverts a’ l’ “umanite’” (si jamais quelq’un est capable de tapper les adresses parfois kilometriques des HTTPs… et meme d’en connaitre l’existance!)
    Aussi, il donne l’occasion d’interagir en temps reel, meme avec la communication video, ou, si on veut etre plus “vintage”, avec les traditionnels delais de temps des courriers reguliers.
    La vitesse et puissance de cet instrument est remarquable, mais elle demande aussi une conscience, une education et une bonne dose de “bon sens” de la part de l’utilisateur.
    Surtout, c’est tres important de raisonner bien sur qui sont les destinataires… et que, supposemment, il y a toujours des destinataires… bien que plus-que-parfois un “post” peut tomber dans le vide!
    Un des examples les plus agassant de “ne pas savoir comment utiliser le web” est constitue’ par les chaines de lettres a’ theme religieux, du genre “Jesus t’aime… place un “I like” et envoye ce message a’ trois autres personnes ». J’ai toujours evite’ de propager ce genre de choses, car ce tipe de diffusion va contre la “netiquette” et, a’ mon avis, aussi contre l’intelligence!
    Mais retournons a’ nous… c’est a’ dire au web tout a’ l’entier.
    Notre vocation de chretiens est d’etre a’ l’ecoute, mais ce qu’on voit tres souvent est un grand nombre de bouches qui parlent, mais pas si autant d’oreilles qui ecoutent.
    Est ce qu’on peut “evangeliser” dans ce monde digitale? Le mot est gros, mais je dirais que oui.
    Avec la joie, beaucoup de joie, essentiellement la joie. Et en considerant que le premier et seul plan est… de n’avoir pas de plans, au dela’ de l’Amour, qui fait taire tout le reste.
    Je ne comprends pas bien le contexte du “faire du mal aux autres”, dont tu parles. Il faut etre prudents, ca c’est sur. Dans le passe’, envoyer une lettre demandait d’acheter le papier, ecrire a’ la main, la mettre dans une enveloppe, mettre le timbre et poster. Toute cette prochedure donnait un delai parfois suffisant pour changer d’avis, ou modifier une partie, ou preciser un point… ce qui etait un gros avantage!
    Aujourd’hui on peut envoyer de tout en un second… et l’etat d’ame et disposition mentale devant une pinte de biere a’ une heure du matin n’est pas necessairement et toujours la meme que celle au bureau, apres une clarifiant bonbonne de cafe’!
    Cela dit, au dela’ du clavier ce n’est que nous et des hommes comme nous et tout est TRES reel.
    Autre point qui me fait reflechir est lorsque tu dis “cette difference dans les limites de ce qui est public ou non, qui est typique du monde virtuel”. Au fait, cette “difference” dont tu parles ne me semble pas juste un affaire du monde virtuel, mais plutot un affaire du monde reel et depuis toujours.
    J’imagine que tu connais bien les cinq “W” de l’information, c’est a’ dire
    “Who is it about? What happened? When did it take place? Where did it take place? Why did it happen?”
    J’en ajouterais deux: “Why you are writing? Who is the recipient?”.
    Une mere parle a’ son enfant d’une certaine facon, a’ son homme d’une autre, a’ ses amies d’une autre encore et a’ son pere d’une autre encore. En tout cela, elle dit du vrai a’ tous, mais ses mots sont differemment conformes, car ils arrivent a’ chacun d’eux d’une facon differente et ils sont recus, aussi, d’une facon dependante des differents liens existants. Toute communication ne peut qu’etre affecte’ (et trouver aussi sa raison) dans les liens entre celui qui ecrit et celui qui recoit.
    Vraiment beaux les liens du web que tu nous donnes! Je me permet d’ajouter celui de la Sainte Siege, qui est extremement riche… notre cher Pape Francois imperverse! 😀 http://w2.vatican.va/content/vatican/fr.html

    • La grande différence de limite de ce que l’on affirme haut et fort ou non, à ce que je perçois, est justement qu’on a l’impression, bien souvent, qu’on ne parle à personne, dans le monde virtuel; mais les paroles se rendent réellement à quelqu’un et si elles sont blessantes, elles peuvent blesser. C’est à cela, surtout, que je référais en parlant de la possibilité de «faire du mal aux autres» sur les réseaux sociaux… On peut aussi s’en faire beaucoup à soi-même, du mal, par Internet, mais dans ce texte, j’ai voulu mettre l’accent sur le positif qui peut être fait.
      Je SAIS qu’on peut évangéliser par les réseaux sociaux parce que je m’y sens bien souvent moi-même évangélisée! Il suffit parfois de si peu – ne serait-ce qu’une courte vidéo montrant des gens qui en rendent d’autres heureux… – pour que mon cœur se motive à vouloir faire ce qui est bon! Et ce, parfois alors que l’instant d’avant, je n’en avais aucune envie! Alors je sais que je peux faire faire ce mouvement de cœur à d’autres et ça me rend plus attentive à ce que je publie.
      Quant à savoir à qui l’on écrit et pourquoi, il est vrai que c’est un défi auquel je suis bien souvent confrontée, sur Internet… Sur les réseaux sociaux, par exemple, mes contacts sont si divers qu’une même publication peut créer des réactions de toute sorte, et c’est parfois tout à fait inattendu pour moi! Et sur ce blogue, dont l’objectif est bien peu clair et défini, je varie, allant d’une manière d’écrire à une autre, m’adressant parfois à ceux qui comprennent ma foi et utilisant d’autres fois un langage plus universel… C’est un point que je vais continuer de réfléchir!
      Merci pour le commentaire!

  2. Ping : Pour bien débuter le Carême | Val Carrier

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