Pourquoi j’aime les funérailles

Le 23 décembre dernier, le parrain de mon père, mon grand oncle Fernand, est décédé des suites d’une pénible maladie. Eh oui, Noël n’empêche pas les gens de mourir! Comme j’étais toujours au Québec (je serai bientôt de retour en Pologne), je me suis rendue à ses funérailles avec mes parents, à Granby. Ce grand oncle, je ne le connaissais pas personnellement; je sais que je l’ai déjà rencontré, mais je ne m’en souviens même pas. Mais j’ai tout de même choisi de me rendre à ses funérailles… parce que j’aime bien participer à des funérailles. Je vous explique pourquoi.

DSCN1509Oh, ce n’est jamais particulièrement heureux, le décès de quelqu’un. Je n’aime pas les funérailles de la même façon que j’aime les mariages, c’est certain. Mais comme je suis en paix avec la mort (elle est une part importante de la vie, alors je suppose qu’il vaut mieux entretenir de bonnes relations avec elle), je ne vois rien de macabre ou d’accablant aux funérailles; on y célèbre la vie de la personne décédée, en quelque sorte, et ça peut être très beau. On y dit ce qui va nous manquer de cette personne, ce que l’on veut se rappeler d’elle… On y pleure (j’y pleure immanquablement, ne serait-ce que par empathie) parce qu’on ressent le manque de la personne, le vide qu’elle laisse dans notre vie… Mais cela contribue à nous rappeler l’amour que nous lui portions, et celui qu’elle nous portait. Et moi, quand je ne connaissais pas la personne que l’on célèbre, je ne peux que m’émerveiller de toutes les beautés que l’on dit sur elle et qui me mènent à la connaître un peu! (Tant pis si l’on en fait un portrait embelli; c’est surtout l’amour qui est beau dans le discours!)

Il faut dire que je n’ai jamais encore eu l’occasion de pleurer la perte d’une personne vraiment très importante dans ma vie. Il y a bien eu «grand-maman Lucie», et je me rappelle avoir pleuré lorsque nous sommes allés au cimetière pour son enterrement, mais je ne ressentais aucune sorte de désespoir: j’étais bien jeune et même si je voyais cette dame âgée tous les jours parce qu’elle était notre gardienne, elle n’était pas réellement ma grand-mère. Et lorsque ce fut le tour de mon (vrai) grand-père Orence, il était déjà très malade depuis plusieurs années et je n’avais donc connu que très peu la personne qu’il avait été…

DSC02603Le souvenir que j’ai plutôt des salons et des célébrations funéraires au cours de ma vie, c’en est donc plutôt un heureux: j’y allais avec mes parents qui m’expliquaient comment se faisaient les choses, et comment, au salon funéraire, on offrait ses sympathies aux proches de la personne décédée, et comment on pouvait toucher le corps embaumé avec respect pour faire une prière pour la personne… Pour moi, ça a toujours été comme un moment privilégié avec cet enfant de Dieu qui était parti Le retrouver, un moment où je peux confier à mon Grand Ami mon désir que cette personne aimée soit en paix entre ses Mains Divines.

Somme toute, je dirais que les funérailles ont un effet apaisant sur moi. Même si j’ai bien vécu, par deux fois, l’expérience poignante de participer aux funérailles d’un enfant… Deux jeunes filles que je connaissais, décédées chacune dans un accident de voiture à quelques années d’écart. L’une était la petite sœur d’un garçon qui était dans ma classe à l’école primaire, et je pensais à lui en m’imaginant douloureusement la perte de l’un de mes propres petits frère et sœurs, que j’aimais plus que tout au monde… J’avais fait des cours de ballet avec l’autre, et elle aussi était une petite sœur, celle d’une de mes profs de ballet, entre autres… Ça, c’est triste. Une personne âgée va nous manquer, mais nous nous dirons: elle a vécu sa vie, c’était simplement son tour de reposer en paix. Il faut bien mourir un jour. Mais pour un enfant, il y a si peu de consolation! Elle avait toute la vie devant elle, cette petite. Elle n’a vécu que quelques années, et elle était même en bonne santé! Quelle fatalité! Je dois dire que je suis heureuse, en particulier dans ce genre de moments, de vivre dans l’espérance chrétienne que la vie sur terre n’est qu’une petite partie de la vraie Vie. Et bien que ce doit alors être difficile pour la famille de voir défiler des gens pendant des heures, leurs sympathies doivent tout de même être un trésor qui aide à poursuivre ensuite sa propre vie; je suis donc heureuse, parce que ces morts malheureuses se produisent quoi qu’il en soit, de pouvoir me joindre à ceux qui ont particulièrement aimé la personne qui s’est éteinte, de pouvoir joindre mon humble soutien.

DSCN1511Il y a peu de temps, aux funérailles de mon grand oncle, j’ai été heureuse d’apprendre à le connaître par les témoignages de gens qui l’ont très bien connu. J’ai aimé entendre les anecdotes d’une grande amie, et celles d’un filleul (autre que mon père) pour qui le parrain (mon grand oncle) a été une inspiration, source de mystère et de motivante intrigue pour pimenter sa vie! Je me suis aussi particulièrement réjouie d’avoir l’occasion de découvrir tout un pan de ma famille élargie que je connaissais bien peu; ça aussi, ça fait partie de ce que j’ai toujours apprécié en participant à des célébrations funéraires dans l’une ou l’autre branche de ma famille!

Et pendant les longues heures de notre retour au Lac-Saint-Jean dans la tempête, je me disais: comme ça a été agréable de connaître les grands oncles, les petites cousines, tout ce beau monde de la famille du côté de ma grand-mère paternelle… Que ça a été beau de ressentir leur amour pour mon oncle Fernand! Je suis bien contente d’être allée à ces funérailles!

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