Accueillir l’imprévu

Salle_attente_douaniereVendredi dernier, je suis revenue d’Allemagne. Le problème, c’est que c’est en Pologne que je me rendais! Mais comme mon passeport n’était valide que jusqu’en mai, que je n’avais aucune date de retour officielle et que les règlements de l’espace Schengen demandent à ce que le passeport des voyageurs étrangers soit valide jusqu’à trois mois après la date de retour de leur billet d’avion, les autorités m’ont renvoyée vers Montréal! Expérience enrichissante d’apprentissage de l’accueil d’imprévu dans ma vie…

À Montréal, avant mon départ, on m’avait avertie que ça risquait d’arriver, à cause des dates de validité de mon passeport. Mais mon billet était payé, mes bagages étaient prêts et j’avais déjà fait six heures de route pour me rendre à l’aéroport… Alors, confiante (et un peu naïve), j’ai décidé de prendre le risque. Après tout, il y avait bien aussi une chance qu’on me laisse passer! …mais on ne l’a pas fait.

C’était embêtant, comme situation. Surtout pour mon pauvre budget! J’ai toutefois vécu cette expérience dans la paix et la joie… D’abord, j’ai la chance que naturellement, je prenne assez bien certaines aventures qui pourraient être très contrariantes pour d’autres; quand il y a des découvertes à faire et des inconnus à rencontrer, je crois que ça me stimule! (Et quand j’ai toute l’attention, aussi, peut-être, dans mon égocentrisme naturel…) Mais même ma tentation de m’en vouloir de mon manque d’attention aux procédures administratives, je l’ai étouffée dans l’œuf: il était regrettable que les choses se soient passé ainsi, mais c’était le cas et je ne pouvais plus rien y changer; alors autant être heureuse quand même!

Alors, j’ai admiré le positif de la situation: ma drôle de joie à découvrir les coulisses des douanes allemandes, même s’il n’y avait rien là d’extraordinaire; mon admiration pour la beauté de certains de ces policiers fédéraux douaniers dont l’allure ne gâchait rien du paysage; le fait que j’aime bien prendre l’avion et avoir du temps calme dans les aéroports pour faire ce que bon me semble en fait de lecture, d’écriture, de DSCN5739visionnement de films et autres… Et choisissant de prendre la vie du bon côté, je me suis amusé à faire preuve d’humour comme je le pouvais (malgré mon flagrant manque de sommeil!), soutirant même quelques charmants sourires aux policiers; j’ai discuté en portugais avec un joueur de soccer brésilien qui s’en allait pour un match en Autriche (et qui avait quelques difficultés de communication avec les douaniers vu qu’il ne parle QUE portugais!); j’ai remonté un peu le moral d’un Égyptien de qui on vérifiait le visa et qui se plaignait de la lenteur administrative… Autrement dit, j’ai choisi d’être heureuse et d’accueillir la réalité positivement!

Voilà quelle a été mon arme secrète: parmi mes différentes occupations dans mon temps en détention douanière (dont un début d’apprentissage de l’allemand!), j’ai prié une dizaine de mon chapelet. J’ai médité l’agonie de Jésus (c’était vendredi, donc journée des mystères douloureux) et j’ai dit au Seigneur: «Toi, tu as souffert pour nous, Tu as souffert pour toutes nos difficultés, et ton agonie se poursuit alors que Tu souffres avec tous ceux qui souffrent dans le monde, dans tellement de situations…» À ce moment, pensant douloureusement aux malheurs qui sont vécus à travers le monde, ma propre situation, ma tentation d’amertume et la pointe de découragement qui pouvait m’habiter le cœur me sont alors paru particulièrement insignifiants. C’est vrai: il y a tellement pire dans le monde! Moi, je vivais un imprévu; si j’avais eu le choix, j’aurais choisi que les choses se passent autrement. Mais ce que je vivais restait si peu dramatique! En plus, ma propre situation aurait pu être bien pire: contrairement à la plupart des fois où j’ai voyagé dans ma vie, rien d’urgent ne m’attendait à destination. Et puis, maintenant que ma demande de renouvellement de passeport est faite, je sais que je pourrai déjà repartir la semaine prochaine. Quant à l’argent perdu… C’est Dieu qui est mon trésorier, alors s’Il me veut à la mission à laquelle je cherche à travailler, Il s’en occupera bien!

En tout cas, je me suis sentie profondément chanceuse d’avoir la prière du chapelet pour me tourner vers Dieu et me rappeler que dans l’imprévu, je peux Lui faire confiance en tout! L’espérance en Dieu, c’est comme l’optimisme: il ne s’agit pas de croire que tout se passera pour le mieux selon la vision qu’on en a personnellement, mais de voir le bon côté de tout ce qui se passe en sachant bien qu’il y en a nécessairement un; c’est un esprit d’abandon. Comment saurais-je que tout ce que j’ai pu faire et les personnes que j’ai pu voir depuis mon retour imprévu ne valent pas suffisamment la peine de mon changement de plan?Willkommen

Et puis, humainement… Il parait que c’est souvent en faisant des erreurs qu’on apprend… Au moins, j’apprends beaucoup!

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Une réflexion sur “Accueillir l’imprévu

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